L’Apple watch lancera-t-elle un nouveau type de journalisme?

Publié le 20 Avril 2015

 

Avec la sortie de l’Apple Watch qui se profile dans les semaines qui viennent, les médias réfléchissent aux moyens de travailler pour le tout petit écran et proposer du «journalisme en un coup d’oeil».

La montre connectée d’Apple, dernier gadget de la technologie mobile, ouvre à l’industrie des médias de nouvelles possibilités pour toucher le public.

Le New York Times affirme que son application pour l’Apple Watch proposera «une nouvelle façon d’écrire» et que les «journalistes sur les trois continents» rafraîchiront les notifications. Les lecteurs pourront continuer à consulter un article sur leur iPhone ou leur iPad.

 

 

CNN et la radio publique américaine NPR ont également des applis pour Apple Watch, et de nombreuses autres sont attendues.

Cette nouvelle technologie demande des informations rapides, concentrées, indiquent les experts: «On entre dans l’ère du “journalisme en un coup d’oeil“», dit dans un blog Mario Garcia, consultant de Garcia Media et membre de l’Institut Poynter d’Etudes des médias.

M. Garcia, qui participe à des recherches avec l’université Arhus du Danemark, se dit «fasciné» par les possibilités.

«C’est plus difficile de tirer un iPhone de sa poche ou d’un sac dans un métro bondé de New York que de jeter un coup d’oeil sur sa montre, dit-il. Donc à mon avis, on va beaucoup regarder vite fait les titres qui intéressent et décider si on lit ou pas.»

L’émergence de cette technologie offre une nouvelle plateforme pour les médias, rapide, personnelle et toujours disponible, estime Robert Hernandez, qui enseigne le journalisme pour plateformes mobiles à l’université de Southern California.

«Etre au courant sera plus rapide avec la montre, explique-t-il à l’AFP. Et, pour les médias, c’est une nouvelle occasion de coller à leurs lecteurs.»

Le journalisme trouvera ses marques. «Quand Twitter est sorti, les gens disaient qu’on “ne peut pas faire du journalisme en 140 caractères“ et maintenant, Twitter est devenu un outil essentiel», ajoute-t-il.

 

 

Trouver la bonne formule

 

 

Gilles Raymond, créateur et patron de l’application News Republic, pense que la montre d’Apple sera un moyen parfait pour diffuser l’information.

«Quand il y a des infos de dernière minute que vous voulez voir tout de suite, la montre est idéale», dit M. Raymond, basé à San Francisco pour la firme française qui offre des applications d’informations pour smartphones et tablettes.

Selon lui, les gens regardent plus de 100 fois par jour leur smartphone et ce pourrait être de 300 à 400 fois par jour pour la montre. «Ce sera très addictif.»

La «question est: va-t-on lire simplement la première ligne puis sortir son téléphone ou va-t-on lire tout l’article sur la montre, dit-il. Les deux scénarios sont possibles mais, à mon avis, les gens voudront lire sur leur montre, les gens s’adaptent.»

Les médias devront aussi s’adapter en développant un contenu rapidement consultable sur le petit écran, relève-t-il. D’un autre côté, ils vont «développer une nouvelle relation avec leurs lecteurs».

A eux de trouver la bonne formule, pour envoyer vite des alertes sans être intrusifs.

Les médias doivent ainsi se montrer créatifs, renchérit Alan Mutter, ancien rédacteur en chef d’un journal de Chicago et aujourd’hui consultant pour les médias numériques.

«Cet écran incroyablement petit ne doit pas être qu’une simple extension d’un téléphone, relève-t-il. Il faut réfléchir à la façon dont le consommateur va l’utiliser et comment vous pouvez en faire quelque chose d’intéressant.»

Pour M. Mutter, les utilisateurs ne vont pas vouloir être constamment sollicités et il faudra trouver le bon équilibre pour envoyer des notifications.

«Ce sera peut-être des infos toutes les heures, avec une série de titres, peut-être un sommaire à écouter. Il faut créer le contenu qui colle au support», ajoute-t-il.

L’expert estime que les organismes de presse ont raté leur passage à l’internet mais ont maintenant l’occasion de réussir avec les mobiles.

«Ils doivent développer leur présence sur les mobiles, ils doivent comprendre que ce n’est pas qu’un outil passif, dit M. Mutter. S’ils y arrivent, ils y arriveront sur l’Apple Watch.»

Rédigé par Régis Baillargeon

Publié dans #téléphonie mobile, #techno mobile

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