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«Wearables»: l’industrie technologique où les femmes sont les bienvenues

Publié le 3 Avril 2017

 

Vous avez une Apple Watch ou une Fitbit, achetée y a 6 mois et maintenant elle prend la poussière dans un tiroir? Vous êtes loin d’être le/la seul(e). L’industrie de la techno le sait et elle réfléchit à des solutions. Entrevue avec Patricia Nadeau, consultante UX et conférencière au Web à Québec (WAQ) qui se spécialise dans ce qui tourne autour des systèmes portés (wearables en anglais), leurs limitations et comment Montréal pourrait devenir un joueur majeur de l’industrie.

 

 

Qu’est-ce qu’un système porté ?
C’est un bijou, un accessoire, un vêtement, des lunettes, bref, un objet qu’on porte sur soi. Il est connecté et augmenté de capacités intelligentes. Mais ce n’est pas l’objet qui est intelligent, c’est le téléphone auquel il est jumelé. Un système porté doit répondre à un besoin. Fitbit a ouvert la porte aux systèmes portés, le public connait également l’Apple Watch. Plus récemment, la marque Levi’s s’est associée à Google pour fabriquer des vestes connectées. C’est intéressant, mais ça n’a pas été pensé en profondeur: si la manche de la veste est sensible, comment s’assure-t-on qu’elle ne s’active que lorsqu’on en a besoin?

 

«Le système porté parfait n’existe pas encore.» Patricia Nadeau

Les systèmes portés ont-ils un fort potentiel de croissance?
En 2017, seulement 30% de la population a acheté un système porté. La marge de progression est très grande, mais le principal enjeu est de taille: au bout d’un certain temps, les utilisateurs abandonnent l’objet. On ne sait pas encore vraiment pourquoi. Tous les concepteurs d’objets se butent à des enjeux importants, mais la bonne nouvelle c’est qu’on le sait et qu’on cherche des solutions. On a l’habitude de dire que ça prend 10 ans à une technologie pour arriver à un produit mature et à une acceptation sociale. Pour le système porté, nous sommes encore à l’intérieur de ces 10 ans.

 

 

Où se situe Montréal dans cette industrie sur le plan mondial?
C’est vraiment intéressant que Montréal devienne l’un des trois pôles mondiaux majeurs pour l’intelligence artificielle (IA), car ça va aider l’industrie des systèmes portés. L’algorithme utilisé pour récolter les données n’est pas assez précis et cause beaucoup de frustrations aux utilisateurs. On limite l’algorithme au lieu de se tourner vers l’apprentissage profond (deep learning en anglais): le laisser évoluer pour réussir à s’adapter aux utilisateurs. C’est comme ça que les utilisateurs apprécieront la technologie. Montréal est une plaque tournante pour le IA et on a plein de startups qui se penchent sur ces problèmes.

 

 

Quelles sont les limitations rencontrées par les utilisateurs?
Une limite technologique, pour les fabricants, est la chaleur dégagée par l’objet. On ne veut pas que la bague qu’on porte se met à dégager énormément de chaleur. Le bluetooth est utilisée pour connecter l’objet à l’application sur son téléphone, mais c’est un protocole qui comporte des failles de sécurité exploitables. La batterie est également très sollicitée à cause du bluetooth. Il faut le charger tous les jours et pendant qu’on le charge, on ne peut pas porter l’objet, c’est le cas de l’Apple Watch. En réduisant la taille de l’objet, il peut devenir plus fragile et parfois également la matière utilisée est inadaptée. Par exemple, le plastique du Fitbit a causé des irritations à certaines personnes.

Et les femmes dans tout ça?
Il y a une belle implication des femmes dans cette industrie et c’est super! Les équipes de travail sont souvent mixtes grâce à l’aspect mode des systèmes portés. Quelques exemples de femmes impliquées dans l’industrie: Belinda Takahashi est la présidente de Mighty Cast, Barbara Layne de Concordia – Hexagram Institute est la fondatrice de Studio SubTela, Joanna Berzowska dirige le département du textile électronique chez OMSignal, Kim Neveu est chef du département design chez Hexoskin. De plus, les clients précoces de ces systèmes portés sont souvent des femmes. Il faut donc avoir des femmes dans les équipes de travail.

Web à Québec «Enjeux de design UX»
Jeudi 6 avril à 13h

Rédigé par Régis Baillargeon

Publié dans #Vie numérique

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